Glorifiée par Pierre Loti dans son roman « Pêcheurs d’Islande », cette communauté des gens de mer du pays de Paimpol a su garder une identité forte, profondément marquée par ce riche passé consacré à la traque de la morue jusque dans les mers les plus inhospitalières.
On ne part plus aujourd’hui pour ces lointaines campagnes, et bien au contraire, les marins s’attachent à réaliser les rotations les plus courtes possibles, fraîcheur oblige. Ils n’en gardent pas moins cette fierté de pêcheurs d’exception, et tirent tout autant d’honneur à débusquer lieu jaune et bar, les deux spécialités des ligneurs paimpolais.
Les techniques n’ont d’ailleurs pas beaucoup changé, et les gestes du pêcheur de lieu jaune, animant une cuillère métallique au bout de sa longue ligne fine, reproduisent à n’en point douter les mêmes gestes perpétrés des années plus tôt par un lointain aïeul sur les bancs de Terre Neuve ou d’Islande.
Egalement pêcheurs de coquilles St Jacques, ils délaissent pour la plupart les métiers de ligne pendant les mois d’hiver. Ils réarment pourtant chaque année, dès les beaux jours venus, pour des activités de ligne et de palangre, et pratiquent pour certains la pêche au bar à l’appât vivant, alors que d’autres sont devenus grands spécialistes de la traque du lieu jaune sur les épaves oubliées.




